Aller au contenu
Publié le 13 mars 2026

ChatGPT Translate et Google Translate : L’habit ne fait pas encore le traducteur

Dans cet article, Antoine Galipeau, traducteur agréé, met en lumière deux nouveautés dans le domaine des technologies de la traduction qui soulèvent de nouvelles interrogations.

Le début de 2026 a apporté deux nouveautés discrètes dans le monde de la traduction automatique : OpenAI a lancé ChatGPT Translate, tandis que Google Translate repose désormais sur Gemini, ce qui témoigne de l’effacement de la frontière entre les traducteurs automatiques classiques et les agents conversationnels.

Nouvel outil Web qui prend en charge plus de 40 langues, ChatGPT Translate se place comme concurrent de Google Translate. Comme ce dernier, il propose des champs pour le texte source et le texte traduit, ainsi que des menus pour choisir les langues. Or, la différence notable réside dans les interactions possibles : ChatGPT Translate inclut des options pour guider le style de la traduction, par exemple pour viser un résultat plus fluide ou plus formel. Cependant, dès qu’on souhaite dépasser la fonction de base, l’outil dirige automatiquement l’internaute vers l’agent conversationnel classique, ce qui le rend légèrement redondant. L’outil, qui reste pour l’instant limité au Web, sans application mobile, mentionne aussi la traduction d’images et de contenu audio, bien que ces fonctions ne soient pas encore pleinement accessibles.

 

De son côté, Google Translate, maintenant enrichi par Gemini, serait plus en mesure d’adapter le ton de la traduction au contexte ainsi que de traduire le sens, y compris les idiomes. Bien que le logiciel suggère une phrase de rechange au cas où la première version ne conviendrait pas, Google Translate ne semble pas offrir une latitude satisfaisante pour modifier la traduction à sa guise, comme le proposent d’autres logiciels. En effet, l’impossibilité de changer un segment de phrase sans relancer une traduction complète va à l’encontre de l’efficacité. Contrairement à ChatGPT Translate, l’outil permet de traduire directement une image ou un document dans son interface.

Dans l’ensemble, ces améliorations ne changent pas la nature fondamentale des deux outils. ChatGPT Translate et Google Translate restent des générateurs de premier jet, car ces plateformes s’adressent avant tout au grand public, notamment pour leur accessibilité immédiate et l’obtention de résultats acceptables pour qui cherche à saisir les grandes lignes d’un texte en un clin d’œil. Dès que les exigences montent, les lacunes apparaissent.

Pourtant, en intégrant des modèles de langage avancés, OpenAI et Google cherchent visiblement à habiller leurs outils d’un vernis professionnel : plus grande cohérence terminologique, adaptation du registre, traduction dite plus précise des idiomes; certains attributs de la profession sont convoqués. La traduction automatique ne se contente plus de transposer des mots : elle prétend désormais emprunter le vocabulaire de l’intention et du contexte. Une ambition affichée, même si l’habit ne fait pas encore le traducteur.

Ce qui frappe, dans les deux cas, c’est surtout la direction que prend le secteur. L’intégration de ces modèles dans des outils autrefois statistiques marque un tournant réel. Reste à voir si cette convergence entre agents conversationnels et traducteurs automatiques finira par brouiller durablement les frontières, ou si les deux usages continueront de coexister en répondant à des besoins distincts.

Autres lectures

Chronique de terminologie : Tous les chemins mènent au rhum

Chronique de terminologie : Grandes opérations, par théâtre

Mot de la présidente – Février 2026

Quatre détours, au quart de tour

Besoin de services linguistiques professionnels?

En devenant membres de l’Ordre, les traductrices et traducteurs agréés, les interprètes agréés et les terminologues agréés se sont engagés à maintenir leurs compétences à jour, à adhérer à un code de déontologie et, surtout, à respecter des normes élevées de qualité de service.