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Publié le 16 juin 2026

Un nouveau projet de recherche sur l’IA et les compétences des traductrices

L’intelligence artificielle (IA), sous toutes ses formes (outils d’aide à la traduction propulsés par l’IA, traduction automatique neuronale et intelligence artificielle générative), transforme nos pratiques professionnelles. Mais au-delà des gains de productivité et des enjeux éthiques souvent abordés, quels effets les outils d’IA ont-ils sur les compétences des personnes langagières qui les utilisent ? C’est la question au cœur d’un nouveau projet de recherche mené à l’Université Laval, en collaboration avec l’OTTIAQ.

Comprendre la réflexion métacognitive

Le projet vise à mesurer l’évolution des capacités métacognitives chez les langagières[1] de différents niveaux d’expertise, selon leur degré d’utilisation de l’IA. La réflexion métacognitive, c’est l’aptitude des traductrices à planifier leur travail, à s’autoréguler en cours de tâche et à évaluer leurs propres prestations. Concrètement, c’est cette voix qui chuchote « ce passage me donnera du fil à retordre, je me mets une note de le relire attentivement » ou « cette solution ne fonctionne pas, je dois changer d’approche ». Que devient cette voix quand l’IA propose une réponse instantanée ? Évolue-t-elle de la même façon chez une traductrice débutante que chez une chevronnée ? Pour répondre à ces questions, trois groupes seront observés : étudiantes de premier cycle, étudiantes de cycles supérieurs et professionnelles en exercice.

Des données essentielles

Les discussions sur l’IA dans notre milieu oscillent souvent entre enthousiasme et inquiétude, mais elles reposent rarement sur des données empiriques. Nous savons que l’IA peut accélérer certains processus, mais nous ne connaissons pas encore les répercussions de son utilisation régulière sur la croissance ou le maintien des compétences langagières et réflexives fondamentales.

Ce projet permettra de documenter ces effets et de formuler des recommandations concrètes, tant pour la formation à la traduction que pour le perfectionnement professionnel.

Les retombées attendues

Les résultats de ce projet permettront d’éclairer les pratiques d’intégration de l’IA dans notre profession et de nourrir la réflexion collective sur la protection de nos compétences. Les conclusions seront diffusées dans les publications et événements de l’OTTIAQ ainsi que dans des revues scientifiques en traductologie.

Le projet est mené par Émilie Gobeil-Roberge, qui cumule dix ans d’expérience en tant que traductrice professionnelle et six ans de recherche sur la pédagogie de la traduction. Cette recherche s’inscrit dans le prolongement de ses travaux doctoraux sur la mesure des compétences.

Comment contribuer

Vous vous interrogez sur votre propre rapport à l’IA ? Ce projet qui s’enclenche à l’été 2026 pourrait vous intéresser. Un appel à participation sera diffusé prochainement auprès des membres de l’OTTIAQ. Toutes les participations seront volontaires et sans obligation. Toutes les données seront anonymisées pour empêcher l’identification des personnes participantes. Les personnes participantes bénéficieront d’un accès prioritaire aux résultats de la recherche. Restez à l’affût pour l’appel !

 

Note biographique

Émilie Gobeil-Roberge, trad. a., PhD, est professeure adjointe à l’Université Laval. Sa recherche porte sur la pédagogie de la traduction et plus particulièrement l’apprentissage intégré au travail, la mesure des compétences et les outils numériques en pédagogie. Elle est présidente de l’Association canadienne de traductologie (ACT-CATS) et membre régulière du Laboratoire d’intégration du numérique en enseignement de la traduction.

 

[1] Vu la prépondérance de personnes s’identifiant comme des femmes dans la profession, ce texte est rédigé au féminin générique.

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